Culpabilité quand tu (ne) me tiens (plus)…

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Aujourd’hui je reprends les articles en mode philosophie de comptoir et je viens essayer de vous parler de culpabilité.

Je dis « essayer » car c’est un article qui traîne dans ma tête depuis un petit moment et je ne sais pas trop dans quel sens le tourner…

J’avais envie de vous parler de ma culpabilité, en tant que femme, en tant que maman ; de la manière dont elle se manifeste et de la façon dont j’arrive, maintenant, à m’en détacher, pas toujours complètement, mais en tout cas de mieux en mieux.

Ça c’était avant…

J’avais, depuis longtemps, une fâcheuse tendance à culpabiliser pour tout et n’importe quoi : pas assez ceci, trop cela. Une culpabilité liée à mon manque de confiance en moi, au regard des autres, à la peur de l’échec, au sentiment de ne jamais être à la hauteur… et autres joyeusetés.

Et deux choses sont arrivées. Dans le bon ordre.

La psychothérapie et la maternité.

La psychothérapie qui m’a permis de (re)trouver ma confiance en moi et d’arrêter de m’excuser quand quelqu’un me marchait sur les pieds.

Et la maternité qui m’a permis de mettre tout ça en pratique.

Maternité et injonctions contradictoires

En effet, avec la naissance de Malo, j’ai rapidement compris que la culpabilité figurait sur le podium des trucs nocifs à fuir absolument.

J’ai surtout constaté que les injonctions contradictoires qui pèsent sur les femmes ne diminuent pas quand on devient maman, bien au contraire.

Et on se prend de plein fouet toute cette pression sociétale qui vous dit que vous devez tout faire et son contraire avec le sourire : être épanouie pendant la grossesse, vivre votre accouchement comme un rêve, allaiter un peu mais pas trop, rentrer dans votre slim 48h après avoir expulsé un être vivant de votre vagin, reprendre le boulot mais à 80%, être à l’heure chez la nounou, prendre du temps pour vous, manger 5 fruits et légumes (bio et locaux) par jour, rester bienveillante avec la terre entière, ne pas louper vos 3 séances hebdomadaires de pilates, être à jour dans GOT, vernir vos ongles de pieds, sauver votre couple, être épilée et préparer des gâteaux sans gluten pour la fête de la crèche.

Bref, ce truc impossible qu’on vous fait croire partout que c’est possible et que tout le monde y arrive sauf vous.

(Pour info, NON, sachez-le, personne ne fait ça).

Sans en arriver à ces exemples extrêmes, la culpabilité avait facilement tendance à s’immiscer dans mon quotidien de jeune maman : quand je ne prolonge pas d’une journée mon congé maternité, quand je pars « tôt » du boulot et que j’arrive quand même la dernière à la crèche (comment font les autres parents sérieusement ?), quand je ne réponds plus aux textos des copains pendant des semaines, quand je prend une journée de RTT mais que je dépose quand même Malo chez la nounou ou quand j’ai la flemme d’aller au parc ou de refaire une troisième partie de ballon.

La théorie du tout ou rien

Je retrouve également cette culpabilité ambiante dans ce que je pourrais appeler la théorie du « tout ou rien ».

J’ai parfois l’impression que, lorsqu’on choisit d’essayer d’appliquer certaines valeurs ( genre « tiens je vais essayer de faire de l’éducation bienveillante ou de faire un peu gaffe à la planète »), il faut qu’instantanément toutes nos actions deviennent irréprochables. Tu mets des couches lavables mais tu achètes un jouet neuf en plastique ? Arf perdu ! Tu allaites mais tu ne fais pas de co-dodo. Arf, encore perdu ! Comme s’il fallait forcément prendre tout le package ou laisser tomber direct.

Faut il, pour que nos valeurs soient considérées comme recevables socialement, être forcément complètement extrême ? Je suis convaincue du contraire. Je crois beaucoup à la théorie des petits gestes et au fait que ce sont les actions quotidiennes qui permettent d’inscrire les engagements dans la durée.

Et pourtant, il suffit de trois fois rien pour que la culpabilité, qui n’est jamais loin, revienne au galop : lorsque je mets mon fils devant un épisode de Danny le tigre pour prendre une douche chaude ininterrompue ou que je l’emmène au Burger King parce que la semaine a été tellement merdique que je n’ai pas la force de faire la vaiselle ou encore moins les courses.

Organiser la lutte

Alors, entre ces injections contradictoires et cette quête de la perfection, comment organiser la résistance ?

Je n’ai pas de recette miracle, seulement quelques pistes :

En désacralisant.

Tout. La féminité. La maternité. L’écologie. Parce que rien n’est absolu, rien n’est parfait, et c’est tant mieux.

En arrêtant de suivre sur les réseaux sociaux tous ceux qui ne montrent que les bons côtés. En suivant les copines de la vraie vie, celles dont les maisons sont en bordel, celles qui galèrent, celles qui craquent, celles qui doutent.

En suivant plein de mamans différentes, celles qui co-allaitent, celles qui ne jurent que par le lait en poudre, celles qui font du portage H24, celles qui mettent des couches en plastique, celles qui restent à la maison et celles qui reprennent le boulot… Pour me rappeler en permanence que la seule bonne forme de maternité est celle que l’on choisit.

En n’écoutant toujours pas les conseils que je n’ai pas demandé.

En demandant de l’aide. De l’aide comme je l’entends. Pas pour qu’on me dise que je devrais faire les choses autrement. Mais pour qu’on me donne un coup de main quand j’ai besoin, et de la manière dont j’en ai besoin (parce que sinon ce n’est pas vraiment de l’aide).

En me répétant régulièrement qu’on ne peut pas tout faire. On comme dise les anglo-saxons qu’on peut faire anything mais pas everything. Que tout est une question de priorité.

En priorisant justement. Régulièrement. Tout le temps. En choisissant toujours les bons moments sur la lessive qui, quoi qu’il arrive, sera toujours sur la to do list.

En n’utilisant jamais le « je n’ai pas le temps » comme un argument. Car le temps, à mon niveau, est toujours une question de choix.

En étant bienveillante avec tout le monde, mais surtout avec moi-même.

Et en ne faisant pas toujours de mon mieux. Parce que c’est à la fois impossible et épuisant.

Ce n’est pas facile, et ça me demande encore beaucoup d’efforts car les vieux réflexes reviennent vite, mais je m’accroche ! 😉

Et vous ? Vous culpabilisez ? Vous arrivez à vous débarrasser de toute cette pression et à vivre votre vie ?

2 réflexions sur “Culpabilité quand tu (ne) me tiens (plus)…

  1. The Bloomsbury Muffin 26 octobre 2019 / 20 h 49 min

    C’est si inspiré ! Tout le monde devrait se lâcher un peu la grappe c’est vrai !
    On sent que tu as fait un gros travail et un long chemin 💙 je suis si fière de toi !

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  2. Louna 27 octobre 2019 / 11 h 06 min

    Superbe article, dans lequel je me retrouve beaucoup, sauf que chez moi, psychothérapie et maternité ne sont pas arrivées dans le bon ordre 😅
    En tout cas, bravo de réussie à faire taire cette fichue culpabilité. Je réalise en te lisant que j’ai moi aussi fait pas mal de chemin sur ke sujet 😊

    J'aime

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